Billet de Retour

« Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui-même. On croit qu’on va faire un voyage, mais bientôt c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait. »

Europa

Europa

Depuis 15 jours que je suis rentré me trotte cette petite phrase de L’usage du monde de Nicolas Bouvier dans la tête, comme souvent lorsque je rentre d’un voyage.

Une façon pour moi d’accepter l’écart qui existe entre l’idée que je me faisais du voyage et le voyage lui-même. Une façon de me rassurer sans doute.

Cette fois-ci encore, je rentre lessivé. Pas du voyage lui-même mais du projet, celui que je nourris depuis 5 mois chaque jour. Cette course contre la montre pour rassembler des gens derrière moi. Vous tous, pour rassembler les fonds nécessaires à la construction, au développement et à la réalisation de ce volet Éparses du projet sur les terres isolées.

Comme je l’écrivais me semble-t-il dès les premières lignes publiées sur le blog, j’ai toujours eu le sentiment qu’il ne fallait pas retourner sur des lieux connus.

En partant sur le Marion Dufresne, ce petit quelque chose me tenaillait le ventre…

La peur que les ombres du Marion m’accompagnent, celles d’un autre voyage, d’autres rencontres…. La question finalement ne s’est pas posée de cette façon, je crois. Mais il me reste un sentiment étrange, d’un trop peu, d’un trop vite. Le sentiment d’être passé à côté de ces terres isolées. Le sentiment de n’avoir pu me poser à aucun moment, de n’avoir pu apprécier le silence de ce bout du monde. Mais surtout, de n’avoir pu trouver le silence intérieur.

Pourtant, je sais au fond de moi que cette frustration fait partie du voyage, qu’elle est le voyage, le projet. Qu’en dehors des images que j’aurais voulu ramener et qui ne sont à mon sens pas (encore) venues – elles mettent du temps parfois – il y a dans cette phase du projet quelque chose qui vient et que je n’avais pas vraiment cherché, pas pensé de cette façon. Quelque chose qui se précise, mais que je ne saurais déjà définir.

A Barcelone pour quelques jours… J’ai marché toute la journée hier. Une journée à errer dans les rues, deux fois plus de temps passé en 24 heures à Barcelone que sur toutes les îles Éparses réunies…

Bleu, vert, rose … Je ne vois que ces couleurs. Comme si la Catalogne avait changé de drapeau. Serait-elle déjà indépendante ?

Il n’y a pas de « motifs » cette fois-ci à cette déambulation, pas de prétexte à la photographie. Juste la joie. La justesse des moments.

Je déambule, sans l’angoisse de la page blanche, dans la paix des couleurs et des ombres.

Je me régale du graphisme colorée de cette nouvelle terre. Seul,… Enfin.

Avant de clore ce petit billet, je voulais vous préciser que sont bien parties – ou « restées » devrais-je dire – vos cartes postales des Éparses. Postées pour la plupart – pour ceux dont j’avais l’adresse – de Europa. Pour la petite histoire, nous sommes arrivés tard dans l’après-midi sur l’île. Le gendarme – chargé aussi de la partie postale – s’est affairé avec l’aide de Caro et Sophie (la journaliste de l’AFP qui nous accompagnait) à tamponner les passeports de tout l’équipage et des passagers du Marion… Suite à quoi, le même gendarme dû passer une partie de la nuit à tenter de débusquer une ponte de tortue pour la caméra de Camille, notre reporter d’Ushuaia TV. Le courrier fut donc lui aussi victime de la courte escale du Marion Dufresne sur Europa… Tant pis, il partira avec la prochaine relève, en Transall cette fois-ci.

Et pour ceux dont je n’avais pas les adresses (n’ayant pas eu accès au fichier des Kissbankers avant la fin de la collecte… à mon retour le 18 à la Réunion), les lettres partiront dans les Eparses avec la relève des militaires d’ici quinze jours… ou 60 ?, c’est le sort du courrier sur ces terres isolées. Une consolation pour ceux-là, les cartes ont bien étés tamponnées par moi-même sur le Marion Dufresne du tampon de la rotation…

Vous dire aussi que nous préparons actuellement avec Aurélien une rencontre avec vous tous – avec tous ceux qui pourront se déplacer en tout cas – dans un lieu pas trop isolé et relativement accessible afin de passer un peu de temps ensemble, échanger sur ce projet, vous rencontrer en vrai, et pour certains vous remettre les photographies…

Vous dire enfin que, pour ceux qui sont ou vont à Paris prochainement, vous pourrez y voir une partie de mes photographies du raid au Palais de la Découverte et ce jusqu’au 29 septembre 2015. Toutes les infos concernant cet événement ici :
1 100 km en Antarctique

A très bientôt,

Bien à vous,

François.

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1 commentaire

Classé dans Et après...

Une réponse à “Billet de Retour

  1. Anonyme

    Salut François, je prends plaisir à lire tes petits articles, c’est bien sympa!!! A la prochaine peut-être, pour d’autres aventures sur le Marion Dufresne. @+ Romain.

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