Épilogue : Kissbankers, Vos photos !

Le temps a passé…
Un repli nécessaire pour moi. Le temps de la gestation.
Quelques mois sans nouvelles, pris pour choisir, produire, écrire, polir les nouvelles pierres de notre grand jardin commun : Réserves

La première étape pourra être pour vous de découvrir ici le diaporama du reportage « presse » extrait de ce voyage. Ce travail a été présenté début septembre au Festival International de photojournalisme Visa pour l’image à Perpignan avec les différents volets du projet Réserves effectués sur les Terres australes et antarctiques françaises entre 2010 et 2014.

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Vous pourrez aussi aller sur la galerie découvrir les photos des Éparses qui sont venues s’ajouter aux trois volets précédents du projet et y faire directement votre sélection pour le tirage que vous souhaitez, ou encore commander un tirage d’une autre catégorie.

Dans quelques jours maintenant – le 16 octobre exactement – vous pourrez découvrir dans les librairies le livre que je signe avec mon frère Emmanuel LEPAGE : La Lune est blanche aux éditions Futuropolis.

Ce livre – qui associe récit en Bande-dessinée et photographies – réunit nos travaux réalisés autour de l’expédition menée en Antarctique en 2013. Là encore, un bout de la piste du projet Réserves.

Il sera aussi encore temps d’aller découvrir l’exposition « Un raid en Antarctique » présentée au Palais de la découverte jusqu’au 13 octobre 2014 à Paris.

Puis à la fin du mois d’octobre sortira un autre livre, de photographies et de textes cette fois, Les Ombres Claires (Editions Perspectives Art9). Un livre que je signe seul et dans lequel je donne un regard parallèle à cette expédition, une autre lumière sur mon travail, le bord du cadre en quelque sorte.

Enfin, le 31 octobre je propose à tous ceux qui le souhaitent de se retrouver à la crêperie Sur la route de Plouescat à Paris, au pied du Sacré-Coeur. L’occasion de se rencontrer – en vrai – d’échanger sur ce projet, de vous présenter ces deux livres et surtout, pour ceux qui auront choisi cette option, de vous livrer en main propre votre tirage au cours de cette soirée (18h – 20h30).

J’espère que vous trouverez dans toutes ces réalisations la sève qui vous a donné l’envie de devenir un des acteurs de ce projet… encore à écrire.

Bien à vous,

François LEPAGE

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Billet de Retour

« Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui-même. On croit qu’on va faire un voyage, mais bientôt c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait. »

Europa

Europa

Depuis 15 jours que je suis rentré me trotte cette petite phrase de L’usage du monde de Nicolas Bouvier dans la tête, comme souvent lorsque je rentre d’un voyage.

Une façon pour moi d’accepter l’écart qui existe entre l’idée que je me faisais du voyage et le voyage lui-même. Une façon de me rassurer sans doute.

Cette fois-ci encore, je rentre lessivé. Pas du voyage lui-même mais du projet, celui que je nourris depuis 5 mois chaque jour. Cette course contre la montre pour rassembler des gens derrière moi. Vous tous, pour rassembler les fonds nécessaires à la construction, au développement et à la réalisation de ce volet Éparses du projet sur les terres isolées.

Comme je l’écrivais me semble-t-il dès les premières lignes publiées sur le blog, j’ai toujours eu le sentiment qu’il ne fallait pas retourner sur des lieux connus.

En partant sur le Marion Dufresne, ce petit quelque chose me tenaillait le ventre…

La peur que les ombres du Marion m’accompagnent, celles d’un autre voyage, d’autres rencontres…. La question finalement ne s’est pas posée de cette façon, je crois. Mais il me reste un sentiment étrange, d’un trop peu, d’un trop vite. Le sentiment d’être passé à côté de ces terres isolées. Le sentiment de n’avoir pu me poser à aucun moment, de n’avoir pu apprécier le silence de ce bout du monde. Mais surtout, de n’avoir pu trouver le silence intérieur.

Pourtant, je sais au fond de moi que cette frustration fait partie du voyage, qu’elle est le voyage, le projet. Qu’en dehors des images que j’aurais voulu ramener et qui ne sont à mon sens pas (encore) venues – elles mettent du temps parfois – il y a dans cette phase du projet quelque chose qui vient et que je n’avais pas vraiment cherché, pas pensé de cette façon. Quelque chose qui se précise, mais que je ne saurais déjà définir.

A Barcelone pour quelques jours… J’ai marché toute la journée hier. Une journée à errer dans les rues, deux fois plus de temps passé en 24 heures à Barcelone que sur toutes les îles Éparses réunies…

Bleu, vert, rose … Je ne vois que ces couleurs. Comme si la Catalogne avait changé de drapeau. Serait-elle déjà indépendante ?

Il n’y a pas de « motifs » cette fois-ci à cette déambulation, pas de prétexte à la photographie. Juste la joie. La justesse des moments.

Je déambule, sans l’angoisse de la page blanche, dans la paix des couleurs et des ombres.

Je me régale du graphisme colorée de cette nouvelle terre. Seul,… Enfin.

Avant de clore ce petit billet, je voulais vous préciser que sont bien parties – ou « restées » devrais-je dire – vos cartes postales des Éparses. Postées pour la plupart – pour ceux dont j’avais l’adresse – de Europa. Pour la petite histoire, nous sommes arrivés tard dans l’après-midi sur l’île. Le gendarme – chargé aussi de la partie postale – s’est affairé avec l’aide de Caro et Sophie (la journaliste de l’AFP qui nous accompagnait) à tamponner les passeports de tout l’équipage et des passagers du Marion… Suite à quoi, le même gendarme dû passer une partie de la nuit à tenter de débusquer une ponte de tortue pour la caméra de Camille, notre reporter d’Ushuaia TV. Le courrier fut donc lui aussi victime de la courte escale du Marion Dufresne sur Europa… Tant pis, il partira avec la prochaine relève, en Transall cette fois-ci.

Et pour ceux dont je n’avais pas les adresses (n’ayant pas eu accès au fichier des Kissbankers avant la fin de la collecte… à mon retour le 18 à la Réunion), les lettres partiront dans les Eparses avec la relève des militaires d’ici quinze jours… ou 60 ?, c’est le sort du courrier sur ces terres isolées. Une consolation pour ceux-là, les cartes ont bien étés tamponnées par moi-même sur le Marion Dufresne du tampon de la rotation…

Vous dire aussi que nous préparons actuellement avec Aurélien une rencontre avec vous tous – avec tous ceux qui pourront se déplacer en tout cas – dans un lieu pas trop isolé et relativement accessible afin de passer un peu de temps ensemble, échanger sur ce projet, vous rencontrer en vrai, et pour certains vous remettre les photographies…

Vous dire enfin que, pour ceux qui sont ou vont à Paris prochainement, vous pourrez y voir une partie de mes photographies du raid au Palais de la Découverte et ce jusqu’au 29 septembre 2015. Toutes les infos concernant cet événement ici :
1 100 km en Antarctique

A très bientôt,

Bien à vous,

François.

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Journal de bord #5 Bassas da IndiaEuropa

Bassas da India

Nous n’aurons de Bassas da India qu’une vision aérienne.
Pas de débarquement, juste un vol de souveraineté pour le Secrétaire Général, quelques personnes des TAAF et le VIP du bord.

10 minutes de vol pour nous au-dessus de l’île au lever du soleil.
Avons-nous vu Bassas da India. ? Ma vision de cette île restera aussi énigmatique que son nom.

Le bateau a repris sa course dès l’hélicoptère posé, nous aussi.

14 heures. Nous débarquons sur la dernière des îles de cette rotation. Une île récifale. Lumineuse, avec une végétation rase d’Euphorbes et de ficus aux troncs entremêlés.

Europa. Il y a quelque chose dans l’air d’africain, la chaleur, l’humidité.
On s’y sent bien.

Au sol, dans le camp militaire sur le sable impeccablement ratissé et aplani, les ombres des palmiers dansent. Le vent nous rafraichit et surtout nous protège nous dit-on des moustiques dont l’île est infestée.

Je me prends à rêver de passer une journée à l’ombre des palmiers, à regarder vivre le camp. Des petits baraquements bleus et blancs 15 militaires de Thionville avec un chef de détachement de 26 ans, tout juste sorti de Saint Cyr. Il nous accueille avec un grand sourire, et veut bien faire. Il me parle longuement des guerres de Vendée, d’où il vient.

Sur le camp d'Europa

Sur le camp d’Europa

Je prends avec le reste du groupe la direction de la mangrove. Nous longeons la piste du Transall au bout de laquelle s’enfonce dans les euphorbes un petit lacet blanc. Le secrétaire général nous
accompagne, suivi du chargé de communication. Le petit groupe s’enfonce dans la végétation.

Depuis trois jours me trotte dans la tête ce besoin d’être seul.
Comme si cette préoccupation m’envahissait peu à peu.
Depuis mon arrivée à bord, j’ai le sentiment de n’avoir pas eu le temps, de
différer … De faire des choses périphériques.

Le détachement militaire d'Europa réceptionne le ravitaillement de carburant par Hélico

Le détachement militaire d’Europa réceptionne le ravitaillement de
carburant par Hélico

Est-ce le temps fracturé ? Le temps minuté de la rotation ?
Envie de courir devant, de prendre du large, de gouter la paix, l’incroyable beauté du lieu. Les frégates du Pacifique et les fous à pieds rouges volent au-dessus de nos têtes. Leur vol, surtout celui des frégates, est majestueux, accompagné d’un souffle silencieux.

Au sol, les traces sur le sable ressemblent aux pistes du désert que l’on voit d’avion. Parfois elles se croisent. On découvre un peu plus loin l’auteur de ces étranges motifs … Le Bernard l’hermite traine son énorme coquille à travers la plage.

Passé trop vite, ou pas au bon moment, nous ne verrons pas les requins dans le lagon. Nous remontons la plage. Jusqu’à la station météo qui nous accueille pour le couchage.
Le temps de la photo semble s’achever. La nuit est tombée. Nous croisons deux scientifiques qui travaillent sur les lézards. Dans un bureau, le gendarme de l’île tamponne nos passeports et ceux de l’équipage resté à bord.

Vue de la station météo sur le lagon, Europa

Vue de la station météo sur le lagon, Europa

La nuit s’installe. Chacun de nous s’éparpille dans la station. Ni lampadaire, ni moteur. Ni eau courante d’ailleurs. Les robinets restent aujourd’hui muets. Tant mieux, une raison de plus pour ne pas se laver et profiter de ce temps « mort ». J’aime ces temps morts, sans obligation, sans nécessité, sans rendez-vous. Je retrouve avec le calme l’envie de photographier.

Je me suis installé sur une petite terrasse dans un coin du baraquement. Au loin, on devine les quelques loupiottes du petit camp militaire. Le sentiment encore d’être en Afrique.

Les derniers jours me reviennent en bribe. Une certaine inquiétude. Que
vais-je ramener de ce voyage en terres isolées ou il a été si difficile, si impossible paradoxalement, d’être seul.

J’ai bouclé la boucle des Terres Australes et Antarctiques Française. A la japonaise. Un peu comme dans un voyage organisé. Ces territoires laissent peu de place, quand on n’y travaille pas ou n’hiverne pas, à la déambulation.

Je ne sais pas bien encore ce que je retirerai de cette expérience en terme de photographie et quelle place cet épisode prendra dans ce projet Réserves. Il faut du temps. Laisser mûrir les images et retomber l’émulsion du voyage. De l’imprévu.

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